Après une (longue) pause parce que pendant les cours je n'ai que peu de temps à moi, revoici les vacances et ma 3ème participation à l'atelier d'écriture de Bricabook, Une photo, quelques mots, 173ème édition :) (cliquez pour voir l'article avec le rappel des "règles" et la présentation de la photo)

Leiloona nous proposait encore une fois une photo de Julien Ribot qui ne pouvait m'inspirer autre chose que ce texte après avoir débuté la nouvelle série "Disparue" mercredi dernier. Pas très original, donc, mais je n'ai pas réussi à m'enlever cette idée de la tête !

 

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Disparition

3 jours. Cela fait plus 3 jours qu’elle a disparu. 76 heures sans dormir, sans manger, presque sans respirer. Les heures les plus longues de ma vie.

Inlassablement, je parcours les allées du parc où elle a été vue pour la dernière fois. L’angoisse au creux de l’estomac qui pèse et paralyse comme le boulet des forçats. La peur qui glace le sang et brouille la vue. Le téléphone portable greffé à la main, qui finira forcément par apporter la mauvaise nouvelle.

Parce que c’est sûr, la nouvelle sera mauvaise. Ça fait déjà 78 heures que cette attente interminable a débuté. Mais pourquoi a-t-elle voulu traverser ce parc à 1h du matin ? Qu’est-ce qui lui est passé par la tête ? Et pourquoi ses amis ne l’ont pas accompagnée ? Et pourquoi ils ne la retrouvent pas ?

J’entends au loin les cris des policiers et des volontaires qui la cherchent. Ils ont déjà fouillé cette partie du parc où je me trouve, mais je préfère fuir l’agitation. Et puis, on ne sait jamais… Je scrute du regard les fourrés, les buissons. Je sonde la surface de l’eau si calme qui me renvoie ma propre agitation par contraste.

Je suis déjà passé ici, en fait je suis déjà passé partout, depuis 3 jours que je parcours ce parc sans relâche. À bout de forces, mais incapable de faire autre chose. Comme les autres, je fais semblant de croire qu’il y a encore un espoir de la retrouver vivante. Les allées, les pelouses, les berges du canal, j’ai examiné tous les recoins à la recherche du moindre indice. J’ai dû laisser mes empreintes de pas dans chaque mètre carré de ce foutu parc.

Je quitte le chemin pour m’enfoncer sous un bouquet d’arbres, et soudain mon cœur s’arrête, mon sang se fige. Là, juste devant moi, la terre a été retournée. Là où hier il y avait un massif de fleurs tout juste plantées, s’ouvre un trou béant. Ils l’ont retrouvée. Aucun doute possible, c’est bien là que j’ai enterré son corps, il y a 79 heures. Les heures les plus longues de ma vie. Mais tout est fini.

 

 

 

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