Après quelques semaines de non-inspiration (et surtout trop peu de temps, d'envie,...), la phrase de cette semaine m'a donné envie de m'y remettre. Je rejoins donc avec plaisir l'atelier de Fanny !

Toujours aussi peu de temps donc c'est un texte très imparfait, écrit très vite, et on sera sans doute plusieurs à avoir eu le même genre d'idée, mais tant pis.

Fanny nous propose cette semaine une phrase tirée de Lorenzaccio de Musset, une partie d’une réplique de Lorenzo de Médicis :

« Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m’empoisonne, ou que je saute dans l’Arno ? »

 

 

Pour lire les textes des autres participants, les liens sont chez Fanny, comme toujours :)

 

Voici donc mon texte !

 

Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m’empoisonne, ou que je saute dans l’Arno ?

C’est bien simple, je ne le supporte plus ! Veux-tu que j’aille courir sur l’autoroute, ou que je saute par la fenêtre ? Chaque fois que je passe la porte d’entrée, je ne vois que lui. Il est toujours là, comme à m’attendre, dans un coin du salon. C’est sûr, il ne me fait jamais la moindre remarque, mais je vois bien sa désapprobation à sa manière de me fixer. Quoi que je fasse, ce n’est jamais assez bien. Si je rentre trop tôt, je semble le déranger. S’il est un peu plus tard, il a l’air de se demander où je suis allée trainer. Et si je reste à la maison, je sens bien qu'il me juge. Non vraiment, je vais devenir folle !

Et puis, regarde toi-même, il prend ses aises ! On ne pourra bientôt plus s’asseoir sur le canapé tant il s’étale. Il en met partout ! Des feuilles et encore des feuilles, on se demande ce qu’il a tant à écrire pour en avoir besoin d’une telle quantité.

Alors je sais, c’est moi qui l’ai invité à venir à la maison. Ça ne t’a pas franchement emballé, sa tête ne te revenait pas, tu en avais même presque peur. Mais je ne pouvais pas le laisser passer la nuit dehors, quand même. Qu’est-ce qui aurait pu lui arriver ? Il faisait si froid. Un peu de générosité, de solidarité, quand même. C’est ce que je suis censée t’inculquer, non ? Oui, ça semble contradictoire avec ma position présente, eh bien considère que c’est comme si je t’avais écouté ce soir-là. Voilà, si je l’avais laissé dehors, avec la tempête, il serait probablement mort de froid. Je lui ai offert un sursis, mais ça ne peut plus durer. Non, je ne lacherai pas ce couteau.

Ah non, tu ne vas pas te mettre à pleurer maintenant. Allez, Maman te préparera un super goûter après, tu veux une glace ? Bon écoute mon chéri, ça suffit, je dois le faire. Et puis ce n’est pas parce que tu as décidé de lui donner un prénom qu’il est différent des autres plantes. Tu vois bien que le lierre ça grimpe partout, il va envahir la pièce ! Je ne peux plus le voir, ce tas de feuilles qui étend ses branches partout.