Voilà bien longtemps que je n'ai pas posté par ici, pourtant je lis, un peu. Mais le tout nouvel atelier de Fanny ne pouvait me laisser indifférente, surtout avec cette phrase d'accroche.

Elle a donc décidé de lancer un nouvel atelier d'écriture, un peu différent de celui de Leiloona qui nous fait écrire à partir d'une photo. Cette fois, c'est à partir d'une phrase que nous imaginons nos textes. Pour les informations complètes, il faut aller chez Fanny, clic !

 

Pour cette première édition, elle a choisi les premières phrases du prologue de Pardonnable, impardonnable de Valérie Tong Cuong :

"Elle se retourne, sourit, inspire avec lenteur pour souligner l’importance de l’entreprise. Se remet en position, tête inclinée. Prête à partir.

Et puis non."

Ce sont donc les premières phrases de mon texte (et si j'ai bien compris, les premières phrases de chaque texte écrit pour l'atelier, à moins que certains aient choisi de les mettre au milieu ou à la fin).

 

Pour accéder à l'ensemble des écrits de l'atelier, Fanny a centralisé les liens ici : clic !

 

Voici le mien, encore plus joyeux qu'à l'ordinaire, mais promis, ce sera le seul sur ce thème. Je ne pouvais faire autrement avec cette citation, et en ce jour de Saint-Valentin.

 

Elle se retourne, sourit, inspire avec lenteur pour souligner l'importance de l'entreprise. Se remet en position, tête inclinée. Prête à partir.
Et puis non.
Elle sait qu'elle n'ira pas le rejoindre. Pourtant, chaque fois qu'un train passe, elle y songe. Quand elle roule sur la voie rapide, elle sait qu'il suffirait d'accélérer, juste un peu, et sur le volant ses mains se serrent. Son cœur aussi. Elle aimerait tant pouvoir courir jusqu'à lui et qu'il la prenne dans ses bras, une dernière fois. Et des centaines d'autres dernières fois. Retrouver cette impression que rien ne pourra jamais leur arriver, qu'à deux ils sont plus forts que tout.

Mais leur histoire est bel et bien finie, il ne lui reste qu'à l'accepter. Il ne reviendra pas. Huit ans et demi de sa vie balayés d'un revers de main, inéluctablement. Personne ne lui a demandé son avis. Impuissante, elle a vu toute son existence réduite à néant du jour au lendemain.

Toute ? Pas tout à fait. D'ailleurs, il est 16h25, elle doit se dépêcher pour arriver à l'heure à l'école. De retour au présent, elle essuie ses yeux qu'elle ne prend plus la peine de maquiller, enjambe le pont dans l'autre sens et se remet en route. Elle savait très bien qu'elle ne sauterait pas, elle n'en a pas le droit parce qu'un petit garçon l'attend.

Leur petit garçon. Celui qu'ils devaient voir et faire grandir ensemble, celui à qui ils ont eu tout juste le temps de fabriquer un petit frère ou une petite sœur. Qui grandit en elle. Qui ne saura jamais ce que le mot « Papa » veut dire. Celui pour qui elle doit continuer, parce qu'en devenant Maman elle a renoncé au droit d'abandonner. Celui qui explique en souriant, chaque fois qu'un étranger lui pose une question, que son Papa fait du toboggan dans les nuages. Celui qui, du haut de ses trois ans, fait le clown sans arrêt pour voir de nouveau sourire sa Maman. Celui qu'elle va rejoindre et serrer dans ses bras, pour deux.