Je suis toujours attirée par les romans qui traitent de la Seconde Guerre mondiale et en particulier ceux qui traitent du nazisme et de la déportation. C'est une période tellement sombre de l'histoire que je trouve important de ne jamais l'oublier, et ce n'est pas l'actualité qui va me contredire. J'avais ainsi commencé ce blog avec Elle s'appelait Sarah, de Tatiana de Rosnay, cette fois c'est un roman jeunesse que je viens de terminer.

 

la chanson de hannah

L'histoire

On suit le personnage de Louis qui a 10 ans en 1940. Son village fait partie de la zone occupée mais la guerre semble lointaine, mis à part les quelques Allemands présents en ville. La vie de Louis est donc paisible entre l'école, le coron où il vit et le café où il aide Mme Jeanne en échange de quelques pièces, mais ses parents finissent par lui révéler une chose incroyable : il est Juif. Et même s'il ne comprend pas ce que ça veut dire, même si ses parents ont abandonné depuis longtemps patrie et religion pour une vie meilleure, cette réalité ne s'efface pas au yeux des nazis.

 

Les premières lignes

"Août 1940.

L'après-midi, particulièrement calme, n'en finissait pas. La soudaine chaleur prolongeait la sieste de la clientèle habituelle du Café des Amis. C'étaient de modestes retraités ou des gens sans travail. Une seule table de marbre était occupée par quatre joueurs de belote somnolents.

La patronne, Jeanne Beaujour, employait les heures creuses à faire la vaisselle. Elle briquait les verres à apéritif trois fois par jour, car elle vivait dans la hantise de traces suspectes."

 

Mon avis

Ce roman remplit pour moi tout ce qu'on attend d'un roman jeunesse sur la Shoah : il montre la vie ordinaire d'un enfant ordinaire, auquel chacun peut s'identifier. Mais voilà, parce que Louis a le malheur d'être né Juif, tout bascule. J'ai beaucoup pensé pendant ma lecture à la chanson "Comme Toi" de Jean-Jacques Goldman, c'est ce que Jean-Paul Nozière semble nous dire : Louis est comme toi, en tous points, "Mais [il] n'est pas né comme toi ici et maintenant".

On est loin du livre d'Histoire, on apprend très peu de choses sur la guerre en elle-même, mais on peut observer la guerre de l'intérieur (et c'est personnellement ce qui m'intéresse le plus) : l'évolution de la situation, les mesures successives contre les Juifs, l'attitude des différentes personnes,... On voit que les Juifs eux-mêmes ne se sont souvent pas rendus compte de la gravité de la situation, que les anciens amis se retrouvaient avec des pensées totalement différentes, mais aussi que même les nazis étaient des humains et des pères de famille.

Et même si je ne révèlerai pas la fin, je peux dire qu'elle m'a laissé un goût amer.