J'ai croisé ce roman en librairie et il m'a fait de l'oeil, pour deux raisons : je loupe rarement un roman qui parle d'anorexie, et j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu de Delphine de Vigan. Des douze (!) romans achetés ce jour-là, c'est donc le premier que j'ai lu...

 

jours-sans-faimL'histoire

Une jeune fille se retrouve, sans s'en être vraiment rendue compte, bien trop faible pour vivre. Elle finit par accepter l'aide d'un médecin et l'hospitalisation qu'il lui propose. Le roman raconte donc son séjour, un peu de son histoire qui revient peu à peu, les autres patients du service, les membres du personnel,...

 

Les premiers mots

"C'était quelque chose en dehors d'elle qu'elle ne savait pas nommer. Une énergie silencieuse qui l'aveuglait et régissait ses journées. Une forme de défonce aussi, de destruction.

Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle puisse aller contre.

[...]

Et puis le froid était entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu'elle était arrivée au bout et qu'il fallait choisir entre vivre ou mourir."

 

Mon avis

J'ai trouvé ce roman très juste, sans pathos inutile, mais sans la mise à distance qui l'aurait rendu froid. La présence des autres patients et de certains membres du personnel rendent l'histoire un peu plus légère, tout comme elle soulage l'angoisse de la jeune fille. L'auteur rend très bien, par petites touches, l'enfance entre des parents toxiques, la volonté contradictoire de disparaître et en même temps de se différencier des autres, l'envie de vivre et le refus d'abandonner la seule chose que l'héroïne a l'impression de contrôler : ce qu'elle mange.

Cette lecture m'a confortée dans mon idée que j'aime beaucoup cet auteur, d'ailleurs, il faudrait que je lise Rien ne s'oppose à la nuit, comme le suggère la couverture de mon édition...