Après trèèès longtemps sans avoir écrit ici, me revoilà... Je lis peu en ce moment, et j'ai lu quelques romans que je n'ai pas blogués. Bref, il va falloir reprendre les choses un peu plus sérieusement !

La dernière lecture en date m'a pris énormément de temps, mais j'en suis venue à bout. C'est un livre que j'ai reçu gratuitemceux qui saurontent en spécimen : Ceux qui sauront, de pierre Bordage.

 

L'histoire

Nous sommes en France, en 2008. Mais le passé n'est pas celui que nous connaissons, l'Histoire s'est déroulée différemment : la révolution française de 1789 a échoué, la monarchie a fini par être rétablie. Les autorités se méfient du peuple, qui constitue une menace pour l'ordre établi. La société est donc divisée en deux : d'un côté, les riches, ceux qui ont le pouvoir, l'éducation, l'accès aux technologies. De l'autre, le peuple, pauvre, miséreux, laborieux, maintenu dans l'ignorance et la peur. Les écoles sont interdites pour cette catégorie de personnes, de crainte que le savoir ne les pousse à se révolter de nouveau.

Dans cette société, nous suivons plusieurs personnages : Magda, une orpheline devenur institutrice, Jean, un jeune garçon issu du peuple, Clara, une jeune bourgeoise dont le père est un personnage très important à la Cour du roi. L'une ne sohaite que partager son savoir, l'un souhaite échapper à sa condition de miséreux, tandis que la dernière étouffe dans son destin tout tracé de jeune fille rangée. Ces personnages se croisent, s'éloignent, se rejoignent, et dans tous les cas leurs vies se trouvent changées à jamais par la découverte de sphères qu'ils ne soupçonnaient pas.

 

Les premières lignes

"-Tu es sure que tu n'as pas été suivie ?

Hors d'haleine, Magda hocha la tête. Les yeux de l'homme qui s'était tout à coup dressé devant elle brillaient dans la fente de sa cagoule comme deux ampoules électriques. Elle entrevit la crosse d'une arme dans l'entrebaillement de son imperméable noir. Des ténèbres insondables recouvraient la ville, des grondements lointains traversaient le silence. Le vent et la pluie de l'automne restaient imprégnés de la tiédeur de l'été.

Magda s'était mise en route à minuit, comme stipulé dans le mot glissé sous sa porte par une main discrète. Elle avait traversé une partie de la ville endormie, se cachant dans les cours intérieures chaque fois qu'elle entendait un bruit suspect. un fort sentiment d'inquiétude l'avait étreinte tout au long du chemin. Comment le réseau avait-il su qu'elle désirait rejoindre les rangs des pères Noël du savoir ? Elle n'en avait parlé à personne d'autre que Lorraine, sa consoeur à l'internat de jeunes filles de Meudon."

 

Mon avis

Ce roman m'a attirée dès que je l'ai reçu. Il s'agit d'une uchronie : un espace que l'on connaît, mais à une époque qui n'existe pas puisque l'Histoire ne s'est pas déroulée dans le livre comme dans la réalité. Ce genre permet d'imaginer ce que pourrait être notre vie, si certains épisodes historiques s'étaient déroulés autrement. Mais ce que j'ai trouvé le plus intéressant, c'est la découverte progressive que même au sein d'une société qui semble figée depuis des siècles, rien ni personne ne peut empêcher l'évolution des mentalités, la diffusion des idées, l'aspiration à une vie meilleure.

Je n'ai sans doute pas lu ce roman à la bonne période : je lis très peu en ce moment et il est très long, ce qui fait qu'il m'a fallu plus d'un mois pour le terminer. Il m'a donc paru plutôt long... Pourtant j'ai été emportée par les histoires des personnages principaux. Ce qui fait que je m'interroge sur la raison d'avoir offert ce livre à de nombreux enseignants de collège : certes, l'histoire est intéressante et peut être exploitée en 3ème selon les programmes. Mais si je demandais à mes élèves de lire ce roman, plus de moitié ne l'achèteraient même pas, effrayés par le nombre de pages. et parmi l'autre moitié, je suis à peu près sure que seuls 2 ou 3 élèves par classe le termineraient.

Si on met de côté sa longueur, ce roman m'a bien plu, il se lit assez facilement. La succession des chapitres traitant d'un personnage, puis d'un autre, entraine forcément la frustration qui pousse à lire toujours un chapitre de plus. J'ai cependant noté quelques longueurs et quelques incohérences qui m'ont un peu dérangée (pourquoi évoque-t-on Portarius dans un chapitre où l'on adopte le point de vue de Jean, alors que ces deux personnages ne se sont jamais rencontrés ?). De même, j'ai regretté l'abandon total de Magda en cours de route.

Il s'agit si j'ai bien compris du premier volet d'une trilogie qui se poursuit avec Ceux qui rêvent et Ceux qui osent . Je les lirai peut-être, mais pour le moment j'ai envie de lectures un peu plus rapides. Il faut avouer que la fin du roman ne satisfait pas vraiment la curiosité du lecteur, et qu'on a bien envie de connaître la suite des aventures des personnages.