Incroyable mais vrai, j'ignorais jusqu'à la semaine dernière que Stéphane Bern était aussi romancier ! Je le connais comme historien, comme animateur (présentateur ? on dit quoi ?) de télévision, mais pas romancier... Il n'en est pourtant pas à son premier roman, d'après ce que je lis au début du mien !

J'aime bien Stéphane en général (oui, du coup, je l'appelle par son prénom... sinon c'est relou comme disent mes élèves). Moi qui n'ai jamais trop aimé l'Histoire, je n'arrive pas à décrocher quand il parle d'une manière si passionnée des rois, princes, princesses, et de tout ce qu'on ne sait pas. J'aime bien aussi son émission de l'après-midi CCVB (Comment ça va bien) même si, pensez à ceux qui bossent bord*l ! Je l'ai découvert moins "sérieux" que je ne le pensais, il n'hésite pas à participer aux démonstrations de sport par exemple, ce que peu d'animateurs font.

Bref, je suis tombée par hasard sur ce roman (il était sur une des tables de présentation du Furet), mais je n'ai pas hésité une seconde. D'autant plus que le titre et la couverture colorée m'ont attirée.

Stéphane Bern - oubliez-moi

L'histoire

Une vieille dame, surnommée "l'Étrangère" dans son village grec, parce qu'elle est d'origine française, loue chaque été sa villa à des touristes pour se réfugier dans une bergerie, en haut de la montagne. Là, elle reste seule, n'acceptant la visite que de Nikos, son ami marchand de légumes.

Mais cet été, rien ne se passe comme prévu : la veille de son départ, elle se brise la cheville. Accident qui l'empêche de grimper dans la montagne, surtout pour y vivre complètement isolée. Elle et son plâtre vont donc devoir rester dans la villa, alors qu'une famille de touristes français arrive. Cela dit, il y a de la place pour 6 dans la maison.

Cette famille de touristes, quant à elle, est haute en couleurs : une femme Conseillère d'Orientation danc une école catholique, aigrie, hargneuse. Un mari dépassé et facilement corruptible. Un aîné de 20 ans, Benjamin, surfeur, une cadette de 17 ans, Camille, qui passe son temps à lire des magasines people, et la petite dernière, Fleur, 9 ans, qui suit tant bien que mal le reste de sa famille.

Un été explosif s'annonce donc !

 

Mon avis

J'ai apprécié ce livre, l'histoire aux rebondissements rocambolesques. La fin est un peu attendue mais émouvante.

Il y a cependant une chose qui m'a un peu dérangée dans ma lecture, c'est l'amalgame entre le récit de Nikos et celui du narrateur (externe donc). On veut nous faire croire que Nikos raconte et qu'on entend ce qu'il dit aux spectateurs du café, mais il en sait trop sur les pensées des personnages et sur tous les personnages à la fois pour que ce soit bien son point de vue. Mais peut-être que je cherche la petite bête, me direz-vous.

Il m'a aussi manqué un peu d'analyse, de psychologie peut-être. Je ne sais pas trop définir quoi exactement, mais j'ai parfois eu l'impression de survoler un peu l'histoire.

Les deux personnages principaux sont par contre très vraies, et connaissant l'auteur, je me demande encore si "l'Étrangère" existe vraiment (un peu romancée peut-être quand même), ou si c'est une pure invention de Stéphane Bern...

En bref, pas un énorme coup de coeur, mais un moment agréable avec ce livre, je renouvellement sans doute l'expérience avec Stéphane Bern (lire un autre roman, hein, n'alertez pas Voici tout de suite).

Ce roman m'a aussi donné une envie irrépressible de sauter dans le premier avion pour voir la Grèce et en particulier l'île de Paros ! Cet endroit a l'air d'un paradis sur terre, et le petit lexique grec de la fin aide au dépaysement. Ce roman m'a vraiment fait voyager, avec plein de détails couleur locale.